Axxam, la maison kabyle

Axxam, la maison kabyle

Les villages kabyles occupent en général une crête, un plateau ou un versant. D’ou la fréquence des noms des villages, des mots Tawrirt (colline), Tizi (col), Tagemmount (mamelon), Agwuni (plateau). Ce qui traduit leur emplacement : Tawrirt-ath-mangellat, Ighil tizi-boa, Tagemmount-azouz, Agwuni n’tesslent…

Ces villages sont formés de maisons de pierres (ixxamen), dont chacune est couverte d’un toit à deux versants, tantôt en tuiles et tantôt en terrasse.

La maison kabyle est caractérisée par :

Sa dimension : La maison est, communément, à plan rectangle, sa largeur et sa longueur étant de rapport de 2 à 3. L’élévation des murs, est en général, moindre que le petit côte de base; elle se trouve avec lui dans le même rapport de 2 à 3. En sorte que la dimension courante, ou dimension normale des maisons, se peut fixer comme suit :

  • Longueur extérieure : 7 mètres à 7 mètres 50.
  • Largeur extérieure : 5 mètres.
  • Elévation des murs : 3 mètres à 3 mètres 50.

Sa forme : La maison kabyle abrite à la fois, sous un seul est même toit, les hommes et les richesses. En distingue en général la salle, pour les gens; l’étable, pour les animaux; et le hangar, où sont les instruments et les récoltes.

La maison (Axxam) est construite suivant quatre procédés :

1-Le premier procédé consiste à utiliser la pierre sèche, c’est-à-dire que les pierres sont placées les unes sur les autres sans mortier intermédiaire.

2-Le deuxième consiste à lier les pierres avec du mortier d’argile, takurt ubarli.

3-Le troisième consiste à utiliser les murs en pisé tadabit. Ces derniers sont élevés par la technique du moulage : un maçon professionnel construit un coffrage en bois tadabit, fermé aux deux bouts et correspondant à un demi mètre cube du mur environ. Il étant au fond une couche de cailloux qu’il tasse au moyen de tamaddazt (qui vient du verbe ddez qui signifie damer) c’est là-dessus qu’il verse le mortier d’argile, préalablement préparé par les manœuvres. Le tout est à nouveau damer. Une fois le moule rempli et damé, le maçon démonte le coffrage et le remonte a coté. Il procède ainsi jusqu’a l’achèvement des quatre murs. Ce qui prend en général une semaine. Quant au toit, on ne le pose pas immédiatement, mais on attend que les murs aient séché.

4-Le quatrième procédé, le plus coûteux, mais aussi le plus répandue, est utilisé dès que les moyens financiers le permettent : les murs sont construits en briques ou en pierres, liés avec du ciment.

Les trois parties de Axxam

1- Tigherghert (la salle)

 Dans certaines régions on dit aguns ou encore takaat, cette partie est réservée aux humains. C’est là que s’accomplissent les actes ou événements essentiels de l’existence : naître et mourir, manger, dormir. Elle occupe les deux tiers du plan rectangle. Le sol est couvert de mortier composé d’argile, à la qu’elle on rajoute de la paille hachée ou de la bouse de vache pour éviter l’effritement. Ce mortier est parfois composé d’un enduit de graviers et de chaux que les femmes polissent avec un galet. Tous les ans à la belle saison elles réparent les fissures. Ainsi à l’intérieur de la maison, les murs sont blanchis à la chaux.

2- Addaynin (l’étable)

Il se trouve en contrebas par rapport à tigherghert et occupe le tiers du plan rectangle original. Il est réservé aux animaux (chèvres, moutons, vaches). L’âne peut coucher dehors.

3- Takanna ou taarict (grenier ou hangar)

Cette partie est généralement réservée aux provisions mais aussi les couvertures, les objets de valeur, le coffre assenduq. Elle est située sur addaynin et dont les dimensions sont identiques à ce dernier sauf en hauteur, taarict étant plus basse q’addaynin.

Axxam : Tout savoir

L’kanun (le foyer)

C’est une cavité circulaire d’environ 15 cm de profondeur et 20 cm de diamètre. Il est creusé, en général, près du mur qui fait face à addaynin (l’étable). Autour du l’kanun sont disposées en triangle trois grosses pierres destinées à recevoir les ustensiles. On utilise aussi les supports en terre cuite ou des trépieds en fer.

Aaric ubellud

Au dessus du l’kanun, sur des poutrelles fixées au mur, on place la claie aux glands aaric ubellud, sur laquelle ils vont sécher pendant l’hiver. Aaric ubellud se trouve, en général à hauteur d’homme et pour l’atteindre on monte sur le srir.

Srir

C’est une banquette située contre le mur de façade (ou mur de l’obscurité) on y met un lit.

Tadekkwant

tadekkwant sépare addaynir de tigherghert. C’est un mur à claire-voie sur lequel repose les poutres du planché en bois qui recouvre addaynin. Tadekkwant est construite par le maçon ou le propriétaire de la maison avec les pierres qui restent après l’achèvement des murs. Du coté de la porte elle se prolonge d’une marche taseddart servant de siège et qui permet aussi d’accéder à taarict. Sur tadekwant reposent les ikufan (sing. Akufi) grandes jarres. Les ikufan sont ronds ou carrés et ont une ou deux ouvertures rondes de 15 cm de diamètre environ sur les parois extérieures coté tigherghert. Leur contenu étant l’orge, fèves, etc.
Sous tadekkwan se trouve lemdawed (mangeoires des animaux). Ils communiquent avec tigherghert par un nombre variable de claires-voies qui est en général de trois ou quatre.

Tabburt

Les hommes et les animaux entre par une porte unique qu’on appelle tabburt buxxam (porte de la maison) ou encore tabburt tacrict (porte du levant).

Sqef (le toit)

IL est réalisé de la manière suivante :
Sur les murs à pignons, tacraft, on place trois poutres, une poutre centrale assalas alemmas et deux poutres latérales issulas iderffiyen.
Elles sont soutenues par trois piliers tagwejdit qui habituellement séparent addaynin de tigherghart. Deux pieux sont parfois ajoutés, tantôt du côté tigherghert tantôt du côté addaynin.

Sur les trois poutres, allant d’un mur de façade à la poutre faîtière, on place des chevrons (bronches d’olivier écorcés), qui sont fixés par des cordes de dis, tizukwar (sing: tizikert). La partie, souvent fourchue, qui donne sur le mur, est entourée de mortier. Les cheverons sont opposés deux a deux et attachés à leur sommet.
Sur les chevrons sont fixés des roseaux ighunam ou encore des branches d’oliviers, tacita n’tzemmurt. C’est sur cette charpente qu’on étale une couche de mortier d’argile procurant l’imperméabilité au toit. Les tuiles, lkarmud, sont disposées sur cet ouvrage avant que le mortier ne sèche. On commence à l’un des pignons et l’on va du bas vers le haut c’est à dire depuis le mur jusqu’au faîte. 

Il existe aussi une autre forme de toit, toit en terrasse. En effet lorsqu’on s’avance vers le Djurdjura (où la neige tombe abondamment l’hiver), le toit en tuile disparaît de plus en plus. Dans le kouriet, par exemple, la terrasse est le mode exclusif. La charpente est la même pour le toit en tuile et le toit en terrasse, mais la ponte est plus prononcée pour la couverture de tuiles.

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